Le carton est recyclé à près de 88 % en France. Le plastique plafonne autour de 26 %, pour un objectif de 55 % en 2030 (source : ADEME). Cet écart ne s’explique pas par une insuffisance des centres de tri : il se joue en amont, dans vos ateliers, sur vos quais et dans vos réserves. Un plastique mal trié n’est pas un plastique difficile à recycler, c’est un plastique qui n’entrera jamais dans une filière. Voici les règles qui gouvernent la valorisation des plastiques en entreprise.
Les grandes familles de plastiques en entreprise
Avant de trier, il faut savoir ce qu’on a. Dans l’industrie, la logistique et le commerce, quatre familles couvrent l’essentiel des volumes.
- Les films souples (PEBD) : housses de palette, films étirables, sacs, gaines. C’est le flux le plus abondant dès qu’il y a des réceptions ou des expéditions.
- Les plastiques rigides : bidons, fûts, caisses, cagettes, pièces techniques. Principalement du polypropylène (PP) et du polyéthylène haute densité (PEHD).
- Le PET : bouteilles et certains emballages transparents, surtout en agroalimentaire et en restauration.
- Le polystyrène expansé (PSE) : calages et caisses isothermes, environ 98 % d’air.
Ces familles ne se recyclent pas ensemble. C’est le point de départ de tout le reste.
Un recycleur n'achète pas du plastique, il achète une matière homogène
C’est la règle qui commande toutes les autres. Une filière de recyclage n’est pas un service de traitement, c’est une industrie qui achète une matière première et qui doit pouvoir la réutiliser. Elle paie donc pour de la régularité, pas pour du volume.
Pourquoi trier par résine
Chaque résine plastique a sa propre température de fusion et son propre comportement mécanique. Introduire du polypropylène dans un lot de polyéthylène ne « dilue » pas le problème : cela crée des défauts dans la matière régénérée, qui devient inutilisable pour l’application visée. Un lot mélangé n’est pas un lot moins bien payé, c’est souvent un lot refusé.
D’où le principe : un contenant par résine, et pas un contenant « plastiques ». Le tri par famille de matière est ce qui sépare un déchet valorisable d’un déchet en mélange destiné à l’enfouissement ou à l’incinération.
PEBD naturel et PEBD couleur : pourquoi les séparer
Deux films peuvent être chimiquement identiques et n’avoir pas du tout la même valeur. Le film transparent, dit naturel, peut être régénéré en une matière claire, donc réutilisable dans un grand nombre d’applications, y compris colorées. Le film pigmenté, lui, donne une matière teintée dont les débouchés sont beaucoup plus étroits.
Conséquence pratique : mélanger 10 % de film couleur dans un lot de film naturel ne coûte pas 10 % de valeur, cela fait basculer l’ensemble du lot dans la catégorie inférieure. C’est l’un des gestes de tri les plus rentables et les plus simples à mettre en place, parce qu’il ne demande aucune compétence technique : c’est une question de couleur.
Nous détaillons ce point dans un article dédié : PEBD naturel ou couleur, pourquoi la séparation change la valeur de reprise.
Plastiques durs : les repères pour s'y retrouver
Distinguer un PP d’un PEHD sans être chimiste est possible avec quelques repères simples : le marquage normalisé présent sur la plupart des contenants, l’usage d’origine, la rigidité et le comportement du matériau. Dans la pratique, une entreprise n’a le plus souvent que deux ou trois résines récurrentes, toujours les mêmes, liées à ses fournisseurs. Une fois identifiées, le tri devient une routine.
Nous détaillons ce point dans un article dédié : plastiques durs, pourquoi trier par résine.
Propreté et humidité : les deux motifs de refus les plus fréquents
Un lot correctement trié par résine peut malgré tout être refusé pour deux raisons banales.
Les souillures. Résidus de produit, terre, adhésifs, étiquettes en excès, restes alimentaires. Le seuil de tolérance dépend de la filière, mais la logique est constante : ce qui n’est pas du plastique doit être retiré avant, pas après.
L’humidité. Un film stocké dehors, sous la pluie, se dégrade et devient plus lourd sans gagner de valeur. Stocker le plastique à l’abri n’est pas un détail de confort, c’est une condition de valorisation
Le volume, l'ennemi du plastique
Le plastique a un défaut économique structurel : il est léger et encombrant. Une tonne de film occupe un volume considérable à l’état libre. Cela produit trois effets en chaîne.
- Le contenant de tri se remplit très vite, donc il déborde, donc le tri s’arrête et le flux repart en mélange.
- Le transport devient absurde : on paie des camions pour déplacer de l’air, avec le coût et les émissions qui vont avec.
- La filière, elle, raisonne en tonnes chargées. En dessous d’une certaine densité, le flux ne l’intéresse pas.
Réduire le volume à la source, par compactage ou mise en balles, n’est donc pas un confort d’exploitation. C’est ce qui rend le flux acceptable pour la filière et rentable à transporter.
Que faire quand vos volumes sont trop faibles pour une benne dédiée
C’est l’objection la plus fréquente, et elle est légitime. Trier par résine et par couleur suppose plusieurs contenants séparés. Or beaucoup d’entreprises produisent, pour chaque flux pris isolément, des quantités trop faibles pour justifier une benne dédiée et des enlèvements réguliers. Le raisonnement s’arrête alors là, et tout repart en DIB.
La réponse tient en deux points.
Réduire le volume permet d’attendre. Un flux compacté occupe une fraction de sa place initiale. Vous pouvez donc accumuler plusieurs semaines de production dans un espace réduit, jusqu’à atteindre une quantité qui a du sens à enlever. Le petit flux cesse d’être un problème logistique dès lors qu’il ne consomme plus de place.
La massification se fait en aval, pas chez vous. Plusieurs petits flux séparés, correctement identifiés et densifiés, sont regroupés pour former des lots homogènes de taille industrielle. Vous accédez ainsi à des filières qui vous seraient inaccessibles seul, sans avoir à produire les volumes d’un grand site.
C’est exactement le modèle d’IDS Environnement : des machines installées au plus près du point de production, qui séparent et densifient le déchet dès sa création, et une organisation logistique conçue pour les petits flux. La gamme CLEAN KOMPACT traite les films plastiques, le carton, les big bags et les cagettes ; la gamme CLEAN LOGIC est dédiée au plastique et au DIB.
Lancez votre démarche, gratuitement
Vous voulez faire du tri un vrai levier de performance et inscrire votre entreprise dans l'économie circulaire, à Angers, Saumur ou Cholet ? Faisons le point sur vos flux et votre potentiel de valorisation.
Florent Valtier
Responsable IDS Environnement
Maine-et-Loire : Angers · Saumur · Cholet
Réponse et rappel sous 24h — IDS Environnement Maine-et-Loire

