Dans un magasin, le carton et le plastique sont triés depuis longtemps. Le reste part en DIB, par défaut. Pourtant, une partie de ce « reste » dispose d’une filière de valorisation, et surtout : ce sont les déchets les plus encombrants du magasin. Résultat, vous payez des rotations de benne pour transporter du vide. Voici l’inventaire des déchets oubliés en grande surface et la méthode pour les sortir du mélange.
Le DIB d'un magasin n'est pas un déchet ultime
Le DIB, ou déchet industriel banal, désigne par convention ce qui n’entre dans aucune filière séparée. Dans la pratique en grande distribution, il désigne surtout ce qu’on n’a pas pris le temps de trier.
Ouvrez une benne DIB de magasin et regardez ce qu’il y a dedans une fois le carton retiré : des cagettes, du polystyrène, des emballages… Presque tous ces déchets ont un point commun : ils sont légers et volumineux. Ils ne pèsent rien à la tonne, mais ils remplissent la benne ou le compacteur à toute vitesse.
C’est là que le coût se crée. Une benne DIB se paie sur deux lignes : le tonnage traité, et l’enlèvement. Le tonnage, ces déchets ne l’alourdissent pas. L’enlèvement, ils le déclenchent.
L'inventaire des déchets oubliés en magasin
Les cagettes bois et plastique
Les cagettes arrivent en flux continu au rayon fruits et légumes et en marée. Les cagettes plastiques consignées repartent, les autres restent. Elles s’empilent mal une fois cassées, occupent un volume considérable et partent en mélange alors que le bois comme le plastique disposent de filières identifiées. Le bois est d’ailleurs l’un des flux visés par l’obligation de tri à la source.
Le polystyrène
C’est le cas d’école. Les caisses de poisson, les protections de produits frais et les calages de matériel sont constitués à environ 98 % d’air. Une caisse de polystyrène occupe dans la benne un volume sans commune mesure avec sa masse. Non compacté, ce flux consomme votre benne à lui seul certains jours de livraison.
Films palette, housses de palette et sacs
Chaque palette réceptionnée laisse une housse en polyéthylène basse densité. Multipliez par le nombre de réceptions hebdomadaires. Ce film est recyclable et fait l’objet d’une vraie demande côté filière, à condition d’être propre et séparé des autres plastiques. En vrac dans une benne, il ne vaut plus rien.
Pourquoi ces déchets finissent en mélange
Ce n’est presque jamais un problème de bonne volonté des équipes. C’est un problème d’organisation.
- Pas de filière visible : il existe un compacteur carton, il n’existe rien pour le reste. Le geste par défaut devient donc la benne DIB.
- Pas de place en réserve : ajouter trois bacs supplémentaires dans une réserve déjà saturée est impossible sans réduire le volume au préalable.
- Le contenant se remplit trop vite : un bac dédié au polystyrène non compacté est plein en deux heures un jour de livraison. Une fois plein, il ne sert plus à rien et le flux repart en mélange.
- La rotation des équipes : dans un magasin, plusieurs personnes différentes manipulent les déchets dans la même journée. Une consigne qui demande un effort supplémentaire ne survit pas à cette rotation.
Le vrai coût : vous payez du volume, pas du poids
Un directeur de magasin regarde souvent le prix à la tonne. C’est le mauvais indicateur pour ces flux-là. Ce qu’il faut regarder, c’est le nombre d’enlèvements par mois et ce qui les déclenche.
Trois postes se cumulent sur ces déchets encombrants :
- le coût d’enlèvement, déclenché par le remplissage en volume ;
- le coût de traitement, avec une TGAP sur le stockage des déchets non dangereux à 69 € la tonne en 2026, en progression de 4 € par tonne et par an jusqu’à 85 € en 2030 ;
- le temps des équipes passé à transporter, tasser à la main et gérer un quai encombré.
À cela s’ajoute un coût qui n’apparaît sur aucune facture : la surface immobilisée en réserve, dans un magasin où chaque mètre carré de stockage est disputé.
Méthode en quatre étapes pour les sortir du DIB
1. Mesurer ce qu’il y a vraiment dans la benne
Une caractérisation sur une semaine type suffit à objectiver le débat. On note ce qui est jeté, par qui et à quel moment. Les résultats surprennent souvent la direction du magasin : le DIB est rarement composé de ce qu’on imagine.
2. Choisir deux flux, pas six
La tentation est de tout trier d’un coup. C’est le meilleur moyen d’échouer. On isole les deux flux qui occupent le plus de volume, en général le polystyrène et le film plastique, ou les cagettes selon le magasin. Les autres suivront une fois le réflexe installé.
3. Réduire le volume au point de production
C’est le point de bascule. Tant que le flux n’est pas réduit là où il naît, il consomme de la place et déclenche des enlèvements. Une fois compacté, il devient stockable, transportable et valorisable. C’est ce qui rend le tri tenable dans une réserve où il n’y a pas de place.
4. Rendre le nouveau geste plus simple que l’ancien
Une consigne de tri ne tient dans la durée que si elle demande moins d’effort que la solution précédente. Si aller au point de tri est plus rapide que traverser la réserve jusqu’à la benne, le tri se fait tout seul. Sinon, aucune affiche n’y changera quoi que ce soit.
Ce que ça donne sur un magasin en Maine-et-Loire
Sur un magasin de taille moyenne, l’effet se lit d’abord sur trois indicateurs : le nombre d’enlèvements mensuels de la benne DIB, la surface libérée en réserve, et le temps passé par les équipes au quai. La part de déchets envoyée en valorisation matière progresse mécaniquement, ce qui alimente aussi le reporting environnemental du magasin et de son enseigne.
IDS Environnement intervient auprès des grandes surfaces d’Angers, Cholet, Saumur et de tout le Maine-et-Loire. Notre logique : remplacer les bennes et bacs extérieurs par des dispositifs installés au plus près du point de production, qui prennent le déchet à sa création et l’orientent vers la bonne filière. La gamme CLEAN KOMPACT traite le carton, les films plastiques, les big bags et les cagettes ; la gamme CLEAN TASS prend en charge le DIB et les emballages.
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Florent Valtier
Responsable IDS Environnement
Maine-et-Loire : Angers · Saumur · Cholet
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